« BODIES OF EVIDENCE: AN ANTHROPOLOGY OF THE HEALTH CLAIM », Thèse de doctorat de K. Hendrickx (ULg)

BODIES OF EVIDENCE

AN ANTHROPOLOGY OF THE HEALTH CLAIM

Thèse présentée par Kim Hendrickx 1

2014,204 pages.

En vue de l’obtention du titre de Docteur en sciences politiques et sociales

SPIRAL/Université de Liège.

Au nom de la Science ou d’un savoir ? Je crois que c’est une bonne manière de présenter cette importante thèse défendue récemment à l’Université de Liège.

La Science2 (au singulier) n’est pas la réponse. Elle est question.

Derrière le mot « science », tout un amalgame qu’il faut dissoudre. Les sciences (au pluriel), les réponses qu’elle peuvent donner sont des savoirs (parmi d’autres),des pratiques (I. Stengers3).

Le titre demande plus qu’une traduction!

« Bodies of evidence »:une traduction littérale donnerait « corps d’évidence ». Il s’agit à mon avis autant des corps (nos corps) que des éléments factuels qui justifient cette approche de la santé. Car il s’agit de la santé et à ce propos , associée au mot « claim ». Ce dernier est polysémique et dans ce cas, je le traduis par « prétentions, allégations » s’agissant de la santé.

Enfin, il s’agit d’une thèse en anthropologie et ce n’est pas pas ma discipline! Mais je la définis (mal) comme une volonté d’exprimer l’impensé des actes, des institutions, des traditions et en l’occurrence ,des règlements. Quel en est le soubassement (non écrit, non dit) intellectuel, économique, politique,…?

Pour le simple citoyen, il s’agit en l’espèce de se mêler de ce qui ne le regarde pas, de poser des questions, de douter. L’auteur cite en effet en exergue: « just leave the debate to those who know what they are talking about « . « Laissez le débat à ceux qui savent de quoi ils parlent ».

Phrase mille fois entendue et que l’auteur, évidemment, ne suivra pas, pour notre plus grand bonheur.

C’est une thèse dense qui présente pour moi deux caractéristiques difficiles:

  • la référence aux « sciences studies », aux auteurs qui les font vivre: Stengers, Latour4, Callon, Despret, Pignarre,…

  • une part importante est consacrée aux cheminements complexes, aux stratégies d’acteurs qui ont construit une législation européenne en matière de santé. Et la chose n’est pas complètement entendue.

Donc, ma traversée (rapide et sans doute superficielle) de cette thèse n’a nul objectif d’exhaustivité, voire d’objectivité 5 puisque je n’appartiens pas à cette école, matrice disciplinaire qui envisage un problème sous l’angle de ses propres méthodologies, principes d’explication6.

Le contexte

Mais il est intéressant de situer le contexte dans lequel s’inscrit cette thèse.

  1. Nous sommes dans une « société de la connaissance » qui constitue pour l’Europe un levier de compétitivité et se nourrit d’innovations.

  2. En matière d »alimentation, les industries alimentaires constituent une importante force économique, financière, sociale. Un seul chiffre : l’emploi dans le secteur de l’industrie alimentaire représente 14 % des emplois de toute l’industrie manufacturière.

  3. La communauté européenne a vu son image ternie par une série de scandales alimentaires(vache folle, dioxine,…) qui mettaient en danger la santé des gens.
    La question devient donc: comment garder un avantage compétitif tout en sauvegardant la santé des gens.

  4. La science, dans ses multiples déclinaisons, dans la variété des acteurs qu’elle met en confrontation mérite bien ce terme d’objet chevelu 7 aux mille ramifications, et partenaires qui vont du scientifique (il en est de beaucoup de sortes) , au politique, à l’économie , aux ordinateurs,…au rat de laboratoire.

  5. La « science » est présente à chaque page.

  • Au niveau des institutions: l
    L’ ILSI (International Science Institute) basé à Washington veut réunir les meilleurs scientifiques (du privé, du public) pour aborder les enjeux complexes de la science et de la santé.Il est subsidié par l’Industrie et le Président du CA est aussi le président de Monsanto.
    En matière d’alimentation, il répondrait à des questions qui n’ont pas encore été posées mais qui devraient l’être pour protéger la population, défendre ses intérêts quand il s’agit de développer des règlements. Ce n’est donc pas un laboratoire de recherches mais un « think-thank » de l’industrie qui « veut savoir « ce qui se passe (ce qui pourrait advenir,…) en matière d’alimentation.
    Une deuxième institution est liée à l’Union Européenne. L’ EFSA (European food security authority, Autorité européenne de la sécurité alimentaire) est basée à Parme (Italie), loin du siège de Bruxelles, un gage d’indépendance pour cette institution dont la fonction principale est d’appliquer les règlements européens. Elle n’est pas non plus productrice de savoirs mais elle a un rôle réglementaire notamment en examinant (pour les refuser ou les accepter) les « health claims », les allégations présentées par les firmes pour « supporter « leurs produits.

  • Par les scientifiques. Bien sûr, les créateurs mais de plus en plus, les scientifiques « en chambre », ceux de la science camérale8 (voués aux règlements), ceux des « claims » appelés parfois « techniciens du claim »,les fabricants de réponses,…

  • Par le public. Il s’agit de ses « corps », fragiles, non pas malades mais sur la lisière de la maladie ( border-line), affrontés aux risques des maladies de civilisation.
    Ces corps sont encore bien peu connus. Il n’ y a pas un corps standard qui réagirait de manière prévisible, uniforme9.
    On ne connaît pas (on connaît peu) les comportements. Comment réagira le public à telle
    information même exacte?

Une alimentation fonctionnelle

De plus en plus,notre nourriture est retravaillée par l’industrie et cette nourriture, séduisante à plus d’un titre, se veut une contribution au maintien et à la promotion de la santé10.

Deux ou trois exemples seulement d’une alimentation« fonctionnelle  » : yoghourts qui stimulent la flore intestinale, margarine qui réduit le cholestérol sanguin, jus de fruits enrichi en anti-oxydants, riz enrichi en vitamine A par génie génétique.

Fonctionnelle, qu’est-ce à dire?

« Des aliments qui procurent des bénéfices qui vont au-delà d’une nutrition de base ».

Ou encore, en plus développé:

« Une nourriture peut être regardée comme ‘fonctionnelle’ s’il est démontré de manière satisfaisante qu’elle affecte pour un mieux une ou plusieurs fonctions cibles du corps, allant au-delà des effets d’une nutrition adéquate et d’une manière qui suscite un état de santé et de bien-être améliorés ou encore une réduction du risque de maladie ».

A y bien regarder, on aperçoit les difficultés conceptuelles. Que recèlent les mots : nutrition de base  ou adéquate, fonctions cibles, état de santé et de bien-être, risque ?

L’état de santé et de bien-être ? La définition de l’OMS (organisation mondiale de la santé) : la santé est un état de complet bien-être physique, mental, social et pas seulement, une absence de maladie ou d’infirmité.

Mais est-ce que cela existe dans les faits ? Plutôt un idéal à atteindre ? Ou est l’optimum souvent revendiqué ? La nourriture fonctionnelle pourrait-elle contribuer à ce que l’auteur appelle une promesse de santé ?

La nourriture de base ? Mieux : on veut préconiser pour demain la nourriture optimale !

Les fonctions cibles ? Métaphore quelque peu guerrière ? Comment les définir, les étudier ? On parlera plus loin de marqueurs d’exposition, d’absorption,de résultat.

Le risque? Quel niveau de risque accepter ? Qui le déterminera, individuellement et collectivement ? Question cruciale à mon avis qui fait de notre santé une question sous contrôle.

La ligne de partage

Entre médecine et santé, entre médicament et nourriture fonctionnelle, entre prévention et réduction des risques pour la santé,…

Elle n’est pas toujours facile à déterminer. Si un ingrédient (de la nourriture fonctionnelle) a un effet réel, bien visible sur la santé en quoi se distingue-t-il d’un médicament ?

Il y a entre les deux sciences un vrai partage des territoires et on le constatera plus loin, c’est à plusieurs niveaux.Des exemples ?

Le mot « prévention » est réservé à la médecine, les mots « réduction des risques » à la nutrition.

A l’EBM (evidence based medicine) correspondra l’EBN (evidence based nutrition).

A chacun ses corps. Comment les définir? Dans nos pays, il s’agit de ceux d’une population vieillissante, aux corps fragiles, de plus en plus est affectée par les risques civilisationnels : diabète, maladies cardio-vasculaires,.. Le corps des malades, territoire de la médecine n’est pas le corps de ceux qui sont en risque ! La réponse clinique (ça va mieux, cela ne va pas mieux) intéresse peu les utilisateurs ou les promoteurs de la nourriture fonctionnelle. Ils préfèrent parler plus modestement d’ « un pas dans la bonne direction ». Une guérison obligerait à un changement de catégorie.

Mais justement, où se trouve la différence? On peut-évoquer ces personnes « border-line » qui ne sont pas encore malades mais qui le deviendront rapidement si….

Comment les corps rencontrant la nourriture fonctionnelle vont-ils parler ou répondre ? Par une modification des biomarqueurs que l’on distingue en :

  • biomarqueurs d’exposition

  • biomarqueurs de réponse de cible(par exemple, concentration en immunoglobulines,activité phagocytaire,…)

  • biomarqueurs de « point final intermédiaire » (intermediate endpoints).Cette appellation, bizarre dans les termes, illustre les restes d’ambiguïté attachés à une claire démarcation des deux entités.L’exemple le plus cité réfère au cholestérol et à son implication dans l’artériosclérose.

Dans la récolte des faits pertinents, on insistera sur l’homéostasie c’est à dire la capacité d’un organisme à maintenir la constance de son milieu interne en dépit des variations du milieu 11 .

Notons qu’ici la médecine a son instance suprême, le placebo ou mieux, l’expérience contre placebo12,13 . Toute molécule candidate au titre de « médicament » doit passer et réussir ce test de socialisation.

« La nourriture fonctionnelle n’ a pas de patients mais des consommateurs ».

Une anthropologie des allégations (health claims) en matière de santé.

La nourriture fonctionnelle a une définition opérationnelle, un marché, une ère géographique à étendre et à défendre.Comment amener à l’achat? Qui achètera? Le bien portant (inquiet pour quelque raison que ce soit, âge,régime,…) ou plus exactement, la personne en situation de risque face à une de ces maladies civilisationnelles.

Il faut le faire savoir, c’est-à-dire le publier, en faire la publicité. Nouvelle ambiguïté à la recherche d’un compromis entre séduction et réalité. Qui sera l’objectif des « health claims », des allégations ou des prétentions.

Ces allégations ont donc deux aspects :

  • la séduction et elle fera la différence dans les chiffres d’affaires.

  • la vérité de l’information.

On ne peut pas dire n’importe quoi ! Il faut réglementer à la fois pour protéger le « consommateur » et assurer les conditions d’une saine concurrence dans cet immense marché qu’est l’Europe.

La vérité? Qui dira la vérité ? La science ! Où la trouver ? Dans les observations, essais, expériences , dans leurs résultats qui se multiplient , se répondent , se croisent, se confirment ou s’infirment dessinant à la surface du globe un immense rhizome qu’il faut interpréter. Interprétations qui sont la tâche des « techniciens de l’allégation » (health claims technicians). Informations qui font la base des réponses à des questions qui n’ont pas encore été posées et qui sont le substrat de la publicité ou de l’information.

Qui informera ?

Bien sûr, il faut « informer » le public14 .

Qui le fera ? Une science saine, rassemblant un maximum de données validées. L’ILSI ne crée pas de nouvelles données,ne produit pas de nouveaux faits, travaille comme un médiateur récoltant, analysant, comparant les données récoltées dans le monde entier. Ce faisant, l’ILSI parle au nom de la Science. Science dont l’ILSI reçoit sa légitimité. Science qui reconnaît aussi la légitimité de l’ILSI. Légitimations réciproques. Il y a en effet de la bonne et de la mauvaise science, de la science moderne et de la science antique encore appelée traditionnelle.

On perçoit à nouveau l’ambiguïté d’une information qui se donne deux objectifs simultanés. L’un est commercial, l’autre se veut moral. Le consommateur informé et aidé et le consommateur client sont-ils toujours la même personne ?

Il faudra donc une instance d’arbitrage entre les deux objectifs. L’EFSA ( Autorité européenne de la sécurité alimentaire), parlera aussi au nom de la science, selon les standards de scientificité les plus élevés possibles, examinera le bien-fondé des allégations (health-claims), distribuera les autorisations d’avant marché (pre market approval), évaluera les risques (mais la commission européenne qui n’est pas tenue par les recommandations va les gérer).

Comment recrute-t-elle ses experts ? Problème abordé avec finesse par l’auteur. En tout cas, il faut sans cesse poser la question : « d’où parlez-vous ? 15 ».

Pour résumer une fois encore son rôle : celui d’un gate-keeper,le gardien au portillon qui permet ou refuse l’entrée aux allégations soumises à l’examen. Les arbitrages sont souvent contestés: « les scientifiques de l’EFSA demandent toujours plus de données, travaillent trop lentement, trop peu de produits passent par leurs  fourches caudines »16  !

Questions subsidiaires (en apparence)

Le public peut-il s’informer, s’informera-t-il de lui même?17 , 18 .Ou encore, une bonne information ne risque t-elle pas d’avoir des effets pervers, par exemple, en donnant une fausse sécurité et encourageant des pratiques alimentaires par elles-mêmes problématiques? Qu’en est-il de la liberté? L’EFSA est-elle une instance morale, politique ?

Enfin, il y cette pierre angulaire de la science de la nutrition: « il n’y a pas de mauvais aliments, il n’y a que de mauvais régimes ».Raison pour ne pas analyser les « profils nutritionnels »des aliments : leur teneur en graisses, en sel,en sucres? La question est à l’étude.

Un cours de droit européen.

Petit à petit , par un travail concerté19 , par des allers et retours, des poussées et des freinages, par une confrontation des experts et des intérêts, un certain consensus se réalise, un règlement européen se met en place. Ce chapitre est longuement développé par l’auteur qui analyse mot à mot certains textes. Nous ne le suivrons pas !

Nous noterons seulement une ou deux choses.

  • L’affaire « Autriche ». Ce pays voulait interdire toute allégation portant à la fois sur la maladie (ce que l’on admet facilement) mais aussi sur la santé ( le domaine de la nutrition fonctionnelle et des aliments retravaillés par l’industrie). Dans sa réplique, l’UE européenne (son rapporteur) dit que l’Autriche va trop loin et qu’elle qu’elle met en danger la libre circulation des biens.

  • Le consensus aboutit à la création de l’EFSA, instance réglementaire qui doit assurer la sécurité du consommateur, restaurer la confiance dans les produits d’origine européenne, jeter les base d’une concurrence saine,…

Le cas de la margarine. Que vient faire le chien là-dedans ?

Une étude de cas ! Le cas de la margarine « Becel ProActif » nous vaut une analyse par l’image.

L’auteur nous présente une publicité, une « health claim »(approuvée), une allégation, un témoignage  : « j’ai baissé mon cholestérol ». Quelques détails sur cette image.

Occupant toute la droite de l’image, un homme dans la cinquantaine, souriant, bien dans son personnage : il tient en mains un panneau avec ce seul chiffre : « 184 ».

Au centre, bien campé sur son postérieur, un chien berger allemand, l’œil attentif mais sans doute amical.

Sur la gauche, un texte qui précise le témoignage : « il y a quatre semaines, mon taux de cholestérol était de 216 mg/dl .Beaucoup de personnes ont fait baisser leur cholestérol significativement en utilisant Becel Pro Actif ».

En vétérinaire, je voudrais m’attarder sur la place du chien dans cette publicité.Comment l’interpréter ?

  • Un watch-dog: un chien de garde. Sans doute représente-t-il l’EFSA : « je veille sur votre sécurité » ?

  • Bien calé entre Lionel et la publicité, pourrait-il représenter la science et la sécurité  basée (assise) sur des faits ?

  • Ce que nous ne savons pas , c’est ce que pense réellement le chien, en quoi il est mu par son propre projet, en quoi il est plus qu’un symbole, plus qu’un agent passif dans les mains de l’annonceur ! 20 

Pour finir. Une association de consommateurs qui a ses Sièges à Amsterdam et à Berlin, Food Watch, après une discussion avec un représentant d’ Unilever : « so lowering cholesterol, yes. Cardiovascular diseases,no ». En d’autres termes : « votre produit fait baisser le cholestérol, oui. Les maladies cardio-vasculaires,non ». C’est bien cela le dilemme. En rigueur de termes, nous ne savons pas si Becel fait baisser l’occurrence de maladies cardio-vasculaires. S’il le faisait, ce serait un médicament ?

L’anthropologie pose de bonnes questions : je le pense après avoir parcouru (trop vite!) la thèse de Kim Hendrickx !

M.Ansay 04 Septembre 2014.

 

NOTES

1 http://www.spiral.ulg.ac.be/fr/presentation/equipe-spiral-a-z/kim-hendrickx

2 « La science » telle qu’elle naît dans les laboratoires, au sein d’équipes, multidisciplinaires, avec l’appoint d’instruments et de méthodes complexes ; elle fait une large place à l’évaluation par les pairs, s’ouvre à l’imprévu, au croisement de deux tirés-à-part, à la participation de l’objet (de l’animal), suit ses intuitions, fait parfois la fête. Dans la « la fête scientifique », un livre de G. Thill, Aubier, 1973,p.295 , on peut lire: « la célébration d’une communauté de travail s’invente sans cesse en se proposant de nouveaux défis ».

3 Isabelle Stengers,Une autre science est possible, La découverte, 2013,p.71.

4 Merci à mon frère, Pierre Ansay, qui m’a introduit à la lecture difficile de Latour.

5 Ce n’est pas un résumé, chapitre par chapitre, mais une « traversée »de cette thèse cédant au plaisir de partager une idée, d’établir un accord, de poser une interrogation, d’avouer son impuissance devant certains développements (en matière réglementaire, notamment).

6 Par contre, je pourrais revendiquer une certaine proximité, ayant été à la table des « experts » aux commissions des médicaments. Je n’oublierai pas les gros dossiers qu’il fallait traiter, et à leur encontre ,prendre une décision dans les plus brefs délais.

7 « Note sur certains objets chevelus », Bruno Latour, Nouvelle revue d’ethnopsychiatrie ,n°27,p.21-36.L’auteur prend l’exemple d’une prise de sang. « J’entrais à l’hôpital avec un petit nombre de composants, et me voilà soudain distribué dans tout un hôpital en des centaines de trajectoires qui font de mon corps un réseau artificiel hautement différencié Mon sang…se promène à travers des ordinateurs, se multiplie dans des laboratoires d’analyse, se branche sur des savoirs-faire multiples,…. ».

8 Selon I. Stengers,Une autre science est possible, La découverte, 2013,p.80.

9 Les « effets indésirables » d’un médicament consistent en une réaction nocive et non voulue à un médicament, se produisant aux posologies normalement utilisées. Qu’il suffise de lire la notice accompagnant un médicament, la liste des effets indésirables possibles, pour en être convaincu : on ne sait pas exactement comment le corps répondra.Le corps a ses fantaisies.

10 On songe à ces maladies insidieuses qui sont une caractéristique de nos sociétés. L’alimentation est souvent évoquée! Trop de graisses, trop de sucre, de sel dans la formation d’un diabète, de diverses maladies cardio-vasculaires,…

11 Je songe à un jardinier de mes connaissances qui se satisfait d’ une entrecôte de 400 g bien persillée d’un bovin irlandais. Il y a aussi l’auteur de ces lignes devenu presque végétarien. Deux problèmes d’adaptation.Est-ce qu’il y a un consommateur type?

12 P. Pignarre,Qu’est-ce qu’un médicament? Un objet étrange, entre science,marché et société, Editions la découverte,1997,p.25.

13 L’auteur ajoute avec un peu plus que de l’ironie: « les patients seront guéris pour des raisons scientifiques ».

14 L’auteur cite 3 attitudes (que je réaménage un peu) face à la consommation: le consommateur averti, critique; le consommateur qui a fait confiance (avertie) ; le consommateur confiant, non averti qu’il faut protéger.

15 La question des affiliations.

16 Mais l’expression est sans doute un peu forcée.

17 Toute une page d’I.Stengers (la page 80 d’ « une autre science est possible »; la découverte, 2013). Une culture de symbiose, une culture de la capacité de chaque protagoniste à se présenter avec ce qui lui importe et à savoir que ce qu’il apprendra de l’autre devra toujours être compris comme réponse aux questions qui, pour lui, importent.

18 D’ I. Stengers, loc.cit.p.76: « …des groupes qui deviennent capables de formuler leurs propres problèmes ». Plus loin, (p.81): »Etrange liberté que celle de ne pas avoir à penser ».

19 On a parlé plus haut du travail préparatoire (répondre aux questions, anticiper et ainsi préparer les législations ) de l’ILSI et de sa branche européenne.

20 « Il ( l’animal) répond à une autre question, une question dont le chercheur lui même ignore qu’elle a été posée » écrit V. Despret ( Esprit, juin 2010, p.147).