Comment tout peut s’effondrer, Petit manuel de collapsologie à l’intention des générations présentes

Le mot effondrement évoque un système ébranlé dans ses fondements, qui de lui-même, pourrait-on dire, miné par ses contradictions,ses maladies, secoué aussi par des violences de tout ordre (au climat, à la terre, à l’eau, aux populations,…) menace de s’écraser, de s’effondrer comme un immeuble aux bases trop fragiles. Le livre. Rassembler des savoirs sur les effondrements qui par nature seront interconnectés, c’est-à-dire, écrire un « petit manuel de collapsologie, à l’usage des générations présentes Lire la suite

Le problème technique

Penser la technique comme un problème à la hauteur des questions de ce temps. Un problème et non pas la solution qui nous serait donnée de manière presque automatique. La solution qui nous est proposée, plus de gadgets, plus de vitesse, plus de compétition, plus d’inégalités, … est précisément le problème. Paradoxe troublant parce qu’un « plus de technique, d’automaticité, de robotisation, … » est le choix de tous nos gouvernements. Ce dossier porte un jugement que j’appellerais « extériorisé » par rapport à ce problème de la technique parmi nous. Lire la suite

Le dialogue des savoirs: une relecture personnelle du livre de Georges Thill

Dans cet article, je mettrai en parallèle,quelques traits forts du livre (comme autant de chapitres), son enracinement dans la société de l’époque, d’une part. D’autre part, je prolongerai les analyses de l’auteur (que disent, que font aujourd’hui les réseaux?) et dans le même moment, je ferai part de mon implication somme toute assez brève mais qui avait tous les aspects d’une metanoia , d’une conversion, d’un changement de paradigme qui furent déterminants dans une vie. Lire la suite

Un épais brouillard (à propos du livre Brouillards toxiques » de Alexis Zimmer)

Les pollutions de la vallée de la Meuse, pollutions industrielles essentiellement, ont dans nos sociétés modernes (à Londres, à Paris) mis en cause les voitures diesel (mais pas seulement) et incité à la mise en place de règlements, d’améliorations techniques toujours insuffisantes puisque « La Libre Belgique»1 nous dit qu’à Londres la pollution de toute origine (particules fines, SO2) tue 10 000 personnes par an.
Phénomène local ? Notre siècle voit les mêmes choses avec la lentille globale. Lire la suite

Crises sanitaires – Points de vue du sud

La santé est de plus en plus considérée comme un problème globalisé avec notamment la pollution de l’air. Dans son discours d’ouverture, le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, évoque des désastres qui évoluent à bas bruit (slow moving disasters) : les changements climatiques, la résistance aux anti-microbiens, les maladies non transmissibles en progression. La priorité est de plus en plus la santé universelle. Lire la suite

La marché des connaissance (par Lawrence Busch)

Néolibéralisme, enseignement et recherche Lawrence Busch (Éditions Quae, Versailles,2014, 158p.) Donc, les connaissances sont un bien marchand, que l’on peut produire, vendre, acheter. L’instituteur deviendrait un agent économique, récompensé par sa contribution à l’ « élevage » d’autres agents économiques. De même, le … Lire la suite

Le pouvoir de la biodiversité (Frédéric Tomas et Valérie Boisvert)

La biodiversité, quelle richesse ! Mais déjà, on est arrêté à la définition du mot «biodiversité».De quoi s’agit-il ? Celle qui nous nourrit, nous soigne, nous parfume ? Celle dont le marché, lieu de véridicité, dit la vraie valeur? Celle qu’on échange plutôt que celle dont on use? Celle qui se dit en fragments d’ADN? Lire la suite

Penser et agir avec la nature, Une enquête philosophique, par Catherine Larrère et Raphaël Larrère , La Découverte, 2015.

Comment bien se comporter vis-à-vis de la nature ? Comment avoir une « vie bonne, des relations justes (voire des institutions justes) avec la nature »1 ? La question est philosophique.
D’emblée se pose la question : la nature et l’homme. Le petit « et » signe-t-il « un face à face » ? Un dualisme indépassable ? Mais quel est le poids de l’un et de l’autre ? Quelles relations ? Dominance, respect, collaboration ? Lire la suite

Le siècle des technosciences (C. Bonneuil et D. Pestre)

Des trois lourds volumes de « Histoire de la science », je ne retiens que le troisième qui concerne plus directement notre siècle et de ce troisième volume (508 p.), seulement quelques chapitres les plus liés à la biologie (santé, génétique, environnement, développement, diversité humaine,bio-pouvoirs, genre,..). Les co-directeurs ont donné la plume à des auteurs très divers qui réfléchissent sur le sens d’une société emportée par la science, se construisant selon son « logo», prisonnière d’ une certaine vision du monde. Oui, une vision du monde émerge, partagée par la plupart des auteurs. Il s’agit d’une science, de savoirs pilotés par la vision néo-libérale pour laquelle, par un tour de main technologique, tout peut devenir marchandise : une séquence de DNA,une variété végétale, un processus agricole, un corps humain, une pratique infirmière,… Lire la suite

La mystique de la croissance: lire Dominique Méda

Ce livre fait le procès d’une mystique (d’une religion) de la croissance ; en montre les tâches noires, les contradictions, … La nécessité d’une critique serrée du PIB, comment élaborer un nouvel indicateur, comment penser ensemble la crise écologique et la crise sociale, … sont autant de questions abordées et encore bien d ‘autres. Lire la suite

L’évaluation technologique: l’ETC et Laudato Si

Vingt années de développements technologiques accélérés n’ont pas permis d’apporter des solutions aux crises alimentaires, énergétiques, climatiques. A-t-on assez , pour en étudier les risques, évalué certaines technologies ? N’est-il pas temps, en vertu d’un nécessaire principe de précaution, d’informer la population, de la convier à participer à une évaluation citoyenne ? Lire la suite

Lecture non religieuse de « Laudate si » (24 mai 2015)

Le fond de l’intervention papale est, je crois, que ce sont les mêmes mécanismes qui écrasent les petits parmi les hommes et les petits de la nature (biodiversité notamment, chantée par François d’Assise). Est condamnée la soumission à un paradigme (une explication du monde, une manière de le voir) où la technique a conclu un pacte avec l’argent dans un but de domination. Les choses, les arbres sont ainsi ramenés à leur seule valeur marchande. Lire la suite

Le Socrate de Roustang

Aimez-vous nager à contre-courant? Alors allez un peu plus loin dans la lecture de cet article. En effet, Socrate, ce sage de l’antiquité grecque (470-399 av. JC) qui n’a rien écrit et que l’on ne connaît qu’à travers Platon, Xénophon, Aristote. Il est présenté par François Roustang sous son aspect le plus revêche, le plus déconcertant, le plus aimable. Lire la suite

Arrêtez, il n’ y a plus de grands récits!

Publié en 1979 sous la forme d’un rapport sur le savoir dans les sociétés les plus développées, ce livre court (109 pages) est dense . Il fut proposé au Conseil des Universités auprès du gouvernement du Québec. Mais laissons la parole à l’auteur, parole que nous prenons le risque de résumer et sans doute plus encore,en intervenant ça et là, de travestir. Lire la suite

Écrire, Pourquoi ?

Voilà un livre écrit à partir d’une certaine autorité, celle d’un éditeur dans une maison de livres américaine et donc un certain regard.Sa dénonciation va-t-elle trop loin?Avec le risque de détruire le blé et l’ivraie?Quoi qu’il en soit de certaines de ses outrances, il nous force à nous situer, que nous soyons producteurs ou utilisateurs de savoirs. Lire la suite

« A contre-science » de D.Pestre

Rendre compte de la complexité des savoirs qui ne sont pas création « ex nihilo », spontanée, qui ne sont pas une opération purement intellectuelle mais s’inscrivent dans une complexité, dans une temporalité, dans une concret faits d’hommes et de femmes, de combats, d’argent, de techniques, d’habiletés, d’hésitations, de compétitions,de souffrances, d’échecs, de bruits de fond. …. Lire la suite