« Critique de la raison nègre » de A.Mbembe

Critique de la raison nègre, Achille Mbembe, La découverte, Paris, 2013, 263 p.

Le « devenir nègre » du monde

C’est un livre rocailleux, porté par un souffle puissant. On sent que le chirurgien a voulu gratter jusqu’à l’os, le chancre de la conscience africaine que fut le colonialisme.

Nous évoquerons quelques grands thèmes qui en font l’ossature et nous n’en ferons pas un recensement détaillé.

Le livre ne se construit donc pas chapitre par chapitre s’articulant les uns aux autres, telles des pierres ajustées, coordonnées mais il est animé par un vaste mouvement, un soulèvement , une houle. L’auteur veut mettre à jour les sous-entendus, les non-dit, les masques d’un colonialisme sous ses 3 de ses versions : la plantation et le commerce des esclaves (la traite), la colonie, l’apartheid. Une même constatation : l’homme chosifié, soluble dans la chose, objet, est réduit à l’état de minerai, de marchandise, de bien meuble. L’expérience nègre du monde se répète aujourd’hui et a pris mille visages, ceux du capitalisme qui a toujours eu besoin de « subsides raciaux ».

Le « devenir nègre » du monde ne renvoie pas seulement aux gens d’origine africaine mais menace l’ensemble de la planète. C’est un archétype de la violence capitaliste envers les plus faibles.

L’homme « objet » du capitalisme et de la colonie.

  1. Le principe de race fait sa réapparition, sous des formes eugénistes, basé sur le préjugé de la couleur ou du « facies », sous la forme de l’anti-sémitisme, dans les institutions de la ségrégation ( lois Jim Crow, aux Etats-Unis).
    On fait généralement remonter la classification des races à Buffon1.
    raison-negre L’ objectif devient ainsi d’indexer les populations, de les classer selon divers critères (prédisposition en matière de santé physique, tendance psychologique ou morale, sélection des embryons, recherches visant à « augmenter » l’homme, pharmaco-génétique,…) et la génomique en est aujourd’hui le bras scientifique. La réactivation de la logique des races va aussi de pair avec des objectifs sécuritaires, de contrôle aux frontières, de ségrégation, d’apartheid. Des mots s’attachent à décrire une même réalité : clôture, enceinte, mur,camp, cercle, sanctuarisation du territoire, frontière. Une bureaucratie tatillonne se met au service du racisme et du contrôle aux frontières: elle en est le bras civil.
  2. La conséquence, en Amérique du XIX ème siècle, pour les gens d’origine africaine, stigmatisés du fait de leur couleur, c’était la servitude à vie.Ils ne sont pas des hommes comme les autres, ils sont frappés d ‘ incapacité juridique. C’est un corps dont on essaye de tirer un maximum de rentabilité (plantocraties), un placement, un capital dont on fait de l’argent2. Ainsi émerge la notion de deux types de société humaine, celle qui est construite par des peuples supérieurs , l’autre de moindre qualité. Il y a un monde où règne la justice et les droits de l’homme. Ailleurs, un espace de non-droit, sans histoire (Victor Hugo,18793) sans loi où on peut piller, rançonner. En dehors de la clôture européenne, l’«état de nature» règne souverainement. La colonisation est fille des « Lumières »4 et de son projet de reconnaître un sujet universel qui lui ressemble. La race est l’expression paradoxale d’un désir de simplicité (« tous dans le même panier »), d’un sans surprise, la négation d’une possible diversité. La colonisation , une œuvre fondamentalement « civilisatrice et humanitaire » sera justifiée par le devoir des races supérieures d’aider les races inférieures. La colonisation mais aussi la violence qui en est le corollaire et celle-ci sera donc morale. Le « bon droit » de la guerre se double d’un droit de propriété.
    Deux libertés se trouvent associées: celle de faire le commerce et celle de répandre l’évangile. La guerre avec les non-chrétiens, c’est autre chose que la guerre entre chrétiens.
  3. L’homme africain n’est pas un homme comme les autres. On peut se regarder sans se voir, être indifférent. Il est difficile d’établir une relation d’affinité, de fonder une politique du semblable. Dans le meilleur des cas, en essayant de réduire les différences, on peut envisager une politique de la bonté qui découvrira vite les limites de l’amitié5.
    L’homme africain est devenu pour l’Occident savant un objet de discours, de connaissance.
    Il est abondamment étudié, scruté, décrit, il fait l’objet de mille thèses et livres ; il se voit à travers le prisme de la «bibliothèque coloniale». On se demande : « qui est-il ? à quoi le reconnaît-on ? ». La science coloniale s’attache à documenter la différence pour expliquer la peur qu’inspire l’esclave et en même temps justifier la séparation.
  4. L’homme africain n’aurait rien à apporter au projet universel ? Il est tellement différent! Par ses coutumes, ses rapports à la propriété (propriété collective). Ce qui justifierait un projet d’administration indirecte (indirect rule de la colonisation anglo-saxonne). Mais l’objectif est l’assimilation en vertu d’une « expérience monde » commune à tous les humains. Sous certaines conditions, on peut concevoir des indigènes cooptés aptes à la citoyenneté et aux mêmes droits civiques.
  5. On a souvent évoqué aux Etats-Unis d’avant 1900, le spectre d’une insurrection généralisée des esclaves. D’où le projet évoqué par de Tocqueville, de les renvoyer chez eux. L’exemple concret en fut la fondation du Liberia6 (1822-1847).

Qui suis-je ?

  1. L’expérience nègre ? Le nègre est convaincu d’être habité par un double , une entité étrangère qui l’empêche de parvenir au savoir de soi-même. Habitant deux mondes, comment se situer des deux côtés de l’image ou du miroir, simultanément ?
    La question libératrice pour lui deviendra : « qui suis-je ? ».
  2. La violence ressentie, analysée est triple : quotidienne, à l’égard du passé , vidé de toute substance, à l’égard du futur car le régime colonial et ses avatars contemporains se veut éternel, correspondant à une sorte de dogme insurpassable, dans la nature des choses.La violence (esclavage, colonisation, apartheid) se décline aussi selon 3 dimensions : identité aliénée, dé-appropriation matérielle et appauvrissement ontologique, avilissement et perte de dignité humaine.
  3. Fanon : « Je ne suis pas noir pas plus que je ne suis un nègre. Je suis une personne humaine et cela s’arrête là ».

Une double démarche,universalisante ou bien insistant sur la différence, le dissemblable. C’est la question de l’Universel et du particulier.

Le paradigme de la différence et l’idéologie de la différence culturelle sont repris par les nègres eux-mêmes. De sujet nègre, il n’y en a que dans la lutte violente pour la conquête du pouvoir -et d’abord du pouvoir de répandre le sang7. Il y a le sujet humain et le sujet racial . C’est la race qui permet de fonder , non seulement la différence en général, mais aussi l’idée même de la nation et de la communauté puisque ce sont les déterminants raciaux qui doivent servir de base morale à la solidarité politique8.

On voit donc s’affronter deux démarches : une démarche universalisante qui clame la co-appartenance à l’humaine condition et une autre, particulariste qui insiste sur la différence et le dissemblable…

Selon cette dernière, tout ce qui n’est pas noir n’est pas du lieu et ne saurait par conséquent se réclamer d’une quelconque africanité. Corps spacial et corps civique ne font plus qu’un9.

Mais l’auteur de se demander: « comment reprendre, à nouveaux frais, l’interrogation sur la différence nègre entendue cette fois non pas comme un geste de ressentiment et de nostalgie, mais comme un geste d’auto-détermination10 ? Et de se référer à Alex Crummel qui posait en 1885 la question d’une politique du futur, du « temps qui vient ». Si l’on ne peut vivre dans le passé, ce dernier peut servir de motif d’inspiration. On peut apprendre du passé mais le temps du futur est celui de l’espérance. Le présent est le temps du devoir, du travail sur soi.Il faut inventer une nouvelle intériorité11. Pour une identité en devenir qui ne repose pas sur la bibliothèque coloniale.

Les tendances universalisantes12

  • Les religions.
    L’islam était présent bien avant la traite atlantique. Il a fonctionné comme un dispositif formel de gouvernance, comme une fabrique de sujets et comme une figure de la communauté 13.
    Le christianisme est reçu à la manière d’ une magie, combinaison de terreur et de séduction que traduisent les catégories du salut et de la rédemption14.Le christianisme , c’est le triomphe d’un homme revêtu de tous les habits de la souveraineté divine et dont l’omnipotence éclate au soir de la mort, au sortir du sépulcre. Enchantement et symbolisation dont se sont emparés les mouvements pentecôtistes.
  • Par la colonie, un moi étranger (aliéné, de soumission à l’ordre occidental) se serait mis à la place du moi propre dérobé de sa teneur. Pour y échapper, il faudrait que soit restaurée une matrice symbolique originelle ( la tradition) capable d’empêcher le morcellement du corps nègre15.
  • Aimé Césaire (puis Frantz Fanon) avaient montré que la colonisation était portée par deux ombres maléfiques : d’une part, ce qu’il désignait comme l’appétit ou encore les cupidités , et de l’autre, la force16Si la question de la force est amplement documentée, l’autre face explique la puissance immatérielle de la colonie. C’est ce que l’auteur désigne comme le « petit secret » du potentat colonial. Faire miroiter au colonisé la possibilité d’une abondance sans limites d’objets et de biens, accepter l’idée qu’il n’ y a aucune limite à la richesse et à la propriété, et donc au désir17. L’assujettissement des Nègres au désir : le fait qu’ils se soient laissé avoir, laissé séduire et tromper par la « grosse ficelle de la machinerie imaginaire » que fut la marchandise18.

Le pouvoir nocturne du capitalisme et la volonté des morts.

Un chapitre difficile mais fondamental, en quelque sorte le sous-sol de ce livre. La question du pacte avec les morts, de l’appropriation d’un mort ou encore de l’esprit de l’autre monde est, dans une très large mesure, la question centrale de l’histoire de l’esclavage, de la race et du capitalisme19. Le capitalisme racial est l’équivalent d’une vaste nécropole.

Pénétrons dans le domaine fantomal avec Amos Tutuola. 20 «C’est ainsi que je me retrouvai avec cette tête qui,non seulement dégageait une odeur pestilentielle, mais émettait jour et nuit, toutes sortes de bruits. Que je sois en train de parler ou pas, cette tête proférait des paroles qui n’étaient pas les miennes. Elle dévoilait tous mes secrets, qu’il s’agisse des plans d’évasion vers une autre ville ou de mon désir de retrouver le chemin vers ma ville natale».

Comment lire et comprendre cet extrait ? Le colonisé a perdu sa tête; elle est remplacée par celle d’un autre qui parle à sa place : « les paroles n’étaient plus les miennes ! ». Substitution d’un imaginaire, colonisation des désirs par un pouvoir nocturne qui emprisonne, celui d’un capitalisme, parole usurpée et trahie…21.

Mais il y a d’autres entités vivantes, le tambour, le chant et la danse. Elles ont un pouvoir entraînant, voire irrésistible. Elles ont le pouvoir de ressusciter, de mettre debout ! « Lorsque ‘Tambour’ se mit à battre, tous ceux qui étaient morts depuis des centaines d’années auparavant se levèrent…Lorsque ‘Chant’ se mit à chanter, tous les animaux domestiques de cette ville nouvelle, les sauvages et les serpents s’en furent voir ‘Chant’ personnellement ; et lorsque ‘Danse’ se mit à danser, toutes les créatures de la brousse, les esprits, les créatures des montagnes,…dansèrent ensemble… ».22

Magnifique chapitre dont il m’est difficile de rendre toute la puissance, le souffle, la ‘déclosion’ ( pour reprendre un terme repris à un autre livre de l’auteur), la montée en humanité, le travail pour la vie.

Pouvoir nocturne du capitalisme et pouvoir pour la vie se livrent un combat qui ne finira pas. Il faut vivre en zigzags.23

Les grandes luttes, les grands de la lutte : M. Garvey, A.Césaire ,F. Fanon, N. Mandela.

Dire qui on est, déclamer son identité, se reconnaître (auto-reconnaissance). Dire « je suis » signifie, dès lors, j’existe.

J’existe, je ne suis pas une chose, voire une espèce, je ne suis pas confiné à un statut, à un regard, limité par un regard,objet de recherches. C’est cette vitrification qu’ont voulu faire éclater les Garvey, Fanon,Césaire, Mandela,…

  • Marcus Garvey.
    S’auto-produiree comme différence et singularité absolue.Ne pas réduire son désir à un besoin. Le projet africain est un projet de « rédemption». Dès 1920, Garvey était persuadé qu’un réajustement politique du monde était en cours, que l’Occident était en déclin. Le réajustement se nourrissait du soulèvement des peuples opprimés et des races dominées en lutte contre les puissances planétaires pour la reconnaissance et le respect. L’objet de l’attente était l’avènement d’un « empire africain ». L’Afrique, aux yeux de Garvey, était le nom d’une promesse-la promesse d’un retournement de l’histoire.
  • Aimé Césaire
    Ses armes furent celles de la poésie, volcanique, et celles de la lutte politique. Ses principaux discours sont devenus des références : discours sur le colonialisme ; discours sur la négritude24 ; discours « Culture et colonisation »,….25Sur le plan littéraire, ce qui anime Césaire, c’est la passion de la justice et le rejet d’une idéologie fondée sur la négritude. Négritude par ailleurs revendiquée : « Vous m’appelez nègre et bien nègre je suis et… le nègre vous emmerde ». Il cherche l’Homme partout, en soi et dans tous les hommes.  Et interroge A. Mbembe : Qu’entend-il par « homme noir » ? Pourquoi ne pas dire « l’humain tout court »? Il n’ y a d’universel qu’en tant que communauté des singularités et des différences. Ce qu’il veut, c’est un « humanisme à le mesure du monde ».
  • Frantz Fanon
    Il fut en Algérie, témoin de la violence coloniale. Sa pensée fut donc une pensée en situation, née d’une expérience vécue, en cours, instable, changeante. Penser c’était aller dans et par la lutte vers un monde qu’ensemble l’on créait interminablement et de manière irréversible26 : un projet de montée collective en humanité27.
    « Je ne veux pas être la victime de la ruse d’un monde noir. Ma vie ne doit pas être consacrée à faire le bilan des valeurs nègres. Il n’ y a pas de monde blanc. Il n’ y a pas d’éthique blanche, pas davantage d’intelligence blanche. Il y a de part et d’autre des hommes qui cherchent ».
    « Moi, l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose : que jamais l’instrument ne domine l’homme. Que cesse à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme.
    Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc»28
    En fin de compte, ce qui est du à Fanon, c’est l’idée qu’il y a dans toute personne humaine
    quelque chose d’indomptable… que la domination ne peut éliminer , ni contenir, ni réprimer, du moins totalement29.
  • Nelson Mandela
    On n’a pas sans doute assez considéré le visage de Nelson Mandela, visage raviné, buriné mais en même temps lumineux, brûlant de force intérieure, d’un sourire radieux et éclatant. Dépouillé de presque tout , il lutta pied à pied pour ne pas céder le reste d’humanité que ses geôliers veulent à tout pris lui arracher et brandir comme l’ultime trophée30.
    Tout comme les mouvements ouvriers du XIXème siècle, ou encore les luttes des femmes, notre modernité aura donc été hantée par le désir d’abolition qu’auront porté auparavant les esclaves31

Poétique32 de la race

  • Poésie33, c’est à dire acte,acte de création. Création du résister, art d’entretenir l’espoir d’un monde nouveau, de sortir d’un monde de l’oppression. L’œuvre d’art ne copie pas,libère des énergies cachées, fait exploser des sens nouveaux ; elle donc lutte, politique par essence.
  • Cette lutte pour une praxis de la libération a toujours trouvé dans le christianisme34 une partie de ses ressources imaginaires. Dieu est-il noir ? Telle a été la grande question des esclaves d’Amérique35. Ils se retrouvaient dans l’histoire de cet homme soumis à la brutalité, à l’injustice, à toutes sortes d’avanies, à la mort. Est-il mort pour eux ? Mais aussi, ressusciteront-ils comme lui ?
  • Pour quels droits lutter? comment appartenir de plein droit à ce monde qui nous est commun? Comment passer du statut de sans parts à celui d’ayants droit ? Le projet d’un monde commun fondé sur le principe d’ « égalité des parts » et sur celui de l’unité fondamentale du genre humain est un projet universel36.

Il n’y a qu’un seul monde37 et nous en sommes tous des ayants-droit.

« La naissance du sujet de race -et donc du Nègre- est liée à l’histoire du capitalisme ». L’auteur dans sa conclusion retrouve les premières pages de son livre.

Il a toujours fallu au capitalisme des subsides raciaux pour exploiter les ressources planétaires.Les perspectives d’un devenir-nègre du monde n’ont jamais été aussi manifestes.

Le monde ne durera pas à moins que l’humanité ne s’attelle à la tâche de constitution qu’il faut bien appeler les réserves de vie.
Une part d’humanité intrinsèque est déposée dans chaque personne humaine. Objectivement, nous sommes à la fois distincts des autres et semblables….
la proclamation de la différence n’est qu’un moment d’un projet plus large-le projet d’un monde qui vient, d’un monde en avant de nous, dont la destination est universelle, un monde débarrassé du fardeau de la race, et du ressentiment et du désir de vengeance qu’appelle toute situation de racisme.

Michel Ansay 01/07/14. (Résumer c’est trahir).

 

 

NOTES

1Tiré de Wikipedia.

2« Homme minerai, homme métal, homme monnaie »,La raison nègre, p.68.

3p.110.

4C’est en pleine époque des lumières que la traite transatlantique atteint son point culminant (p.164)

5p.113.

6de Tocqueville, de la démocratie en Amérique, vol.2. p.321. « le danger plus ou moins éloigné, mais inévitable, d’une lutte entre les noirs et les blancs qui peuplent le sud de l’Union, se présente sans cesse comme un rêve pénible à l’imagination des Américains ».(p.128)

7p.134.

8pp.135-136.

9p.138.

10p.139.

11p.140.

12Ou les trois vecteurs de dressage : conversion au christianisme, introduction à l’économie de marché ,adoption de formes rationnelles et éclairées de gouvernance(p.132).

13p.143.

14p.151.

15p.156.

16p.157.

17p.170.

18p.177.

19p.200.

20Amos Tutuola, The Palm-Wine Drinkard and My Life in the Bush of Ghosts (p.201).

21p.204.

22p.207.

23p.216.

24Editions Présence Africaine,1955 et 2004. Dans le discours sur le colonialisme :« Avoir posé les équations malhonnêtes : christianisme=civilisation ; paganisme=sauvagerie »(p.10). Une autre équation : colonialisme = chosification(p.22).Dans le discours sur la négritude: « elle est sursaut et sursaut de dignité .Elle est refus, je veux dire refus de l’oppression. Elle est combat, c’est-à-dire combat contre l’inégalité ». On notera aussi de J.-M.Ela dans Le cri de l’homme africain , l’Harmattan,1993, p.43…. « l’Église a tenu l’Africain à coups de tabous et de sanctions au lieu de le lancer dans l’aventure historique de la libération, là où, précisément, se révèle le Dieu vivant».

25On en trouvera un résumé dans un numéro d’ESPRIT, Août -septembre 2009, pp.36-39.

26p.233.

27p.234.

28Peau noire, masques blancs. Éditions du Seuil, 1952, pp.186-187.

29p.245.

30p.247.

31p.248.

32 ….mais de la poésie, au même titre qu’un arc-boutant gothique est de l’art, −une poésie qui rejoint le poétique par la vigueur de poussée de sa masse, −c’est là son mérite propre. Du Bos,Journal, 1925, p.259 (CNRTL).

33ποιεῖν (poiein) signifie « faire, créer ».

34p.250.

35Dieu est noir, Bruno Chenu, Le Centurion, 1977.320 pages.

36p.253.

37p.258.