Le dialogue des savoirs: une relecture personnelle du livre de Georges Thill

Editions Luc Pire, Editions Charles Léopold Mayer, 2001,137p.

Presque 20 ans ! L’envie m’est venue de relire « le dialogue des savoirs » de Georges Thill (avec la collaboration d’Alfred Brochard) écrit, disent les auteurs, fin du siècle dernier.

C’est plus exactement un livre écrit sous l’inspiration et dans l’expérience du réseau PRELUDE international.

Une inspiration: de quoi les réseaux sont-ils la force souterraine,voire transformante, accoucheuse d’une autre société?

Une expérience, celles de l’auteur, la mienne. Je suis arrivé un peu tard dans ce réseau qui a contribué à renouveler mon approche de la science, des savoirs.

C’est pourquoi dans cette lettre, je mettrai en parallèle,quelques traits forts du livre (comme autant de chapitres), son enracinement dans la société de l’époque, d’une part. D’autre part, je prolongerai les analyses de l’auteur (que disent, que font aujourd’hui les réseaux?) et dans le même moment, je ferai part de mon implication somme toute assez brève mais qui avait tous les aspects d’une metanoia , d’une conversion, d’un changement de paradigme qui furent déterminants dans une vie.

1. Qu’est-ce qu’un réseau1 ?

L’auteur reprend la définition de Pierre Calame(FPH). Un réseau, c’est un constat et un complot.Ils en définissent la personnalité et les ambitions. La carte de visite en somme. Un réseau ce n’est n’est pas seulement un carnet d’adresses. Tentons d’entrer dans ce réseau.

Il y a d’abord le constat .

Il peut s’agir des savoirs imposés ou menteurs. Imposés par qui, au bénéfice de qui ? Il y a une prise de distance car ces savoirs ne sont pas libérateurs en termes de correction des injustices, des inégalités, voire d’affrontements décisifs aux autres grands défis de l’heure, environnementaux notamment.

Pierre Calame dénonçait aussi le poids des logiques institutionnelles et leurs conséquences : cloisonnement des disciplines, course à l’excellence dans la spécialité, absence de stratégie concertée entre universitaires et acteurs du développement, mimétisme de la recherche du Sud à l’égard du Nord (20).

Et puis, le complot.

Comment fonctionne le réseau?Il s’agit de susciter, en réseau, des savoirs collectifs par le partage d’expériences et de l’aptitude à faire des propositions innovantes à des institutions privées ou publiques(21).Proche des gens, de la société (civile, comme on dit), il en ressent, si l’on peut dire, le pouls, la température, les besoins exprimés ou mieux encore, « non dits ».

Le réseau avance par zigzags, par des chemins de traverses, par des sentiers pédestres (25). Il n’emprunte pas les grandes avenues de l’information (ou ne s’en sert qu’avec modération). Son parcours relève plutôt de la tactique2 que de la stratégie, il grignote plutôt qu’il ne dévore3, déstabilise plutôt qu’il ne renverse, suggère, n’impose pas. Il est le petit caillou dans le soulier. Il travaille sur les marges mais ne veut pas se marginaliser, c’est-à-dire qu’il partage les grands défis qui s’imposent à l’environnement, aux inégalités, … Il est partie prenante et solidaire.

Le réseau aujourd’hui ? Il est confronté aux mêmes défis ou constats mais affectés d’un exposant. En environnement, par exemple,les courbes se relèvent et prennent la forme d’une crosse de hockey. Le climat s’emballe, il affecte des villes côtières par dizaines, menace l’alimentation, chasse les gens de leurs terres devenues ingrates, … Le défi n’est plus de l’ordre du correctif mais du changement de direction ou de cap, pas seulement en politique mais aussi en matière de comportements, de consommation, d’horizons scientifiques, … Un changement de paradigme comme on dit volontiers, c’est-à-dire d’une autre vision du monde, d’un autre rapport au monde. Plus précisément, dans la champ des savoirs, naissance d’une communauté scientifique se posant autrement, dans une autre matrice disciplinaire, par rapport aux défis de ce monde.

Autre, autre, autre, … évolution, révolution,… il faut accepter le poids et la responsabilité attachés à ces mots.

Enfin, une colère.

Un constat, disions-nous, plus que cela, avant cela, au départ, une grande colère4 portée par quelques-uns, parfois par un seul : « cela ne peut continuer pas ainsi ! ». Je me dis parfois qu’ à l’époque de la fondation de PRELUDE, cette colère n’existait pas, pas encore, le diagnostic était juste mais la colère n’était pas au rendez-vous.

2. Profil d’un militant réticulaire.

L’auteur multipliait les casquettes (plusieurs dizaines d’associations,ai-je bien lu?) et un risque reconnu et assumé de dispersion. Mais n’est-ce pas l’indication d’un bon militant? Il parle en « connaissance de causes » mais par là, ne risque-t-il pas de marginaliser certaines prises de parole (« car il faut prendre la parole comme on a pris la bastille! »). Attention à parler en lieu et place ( on disait, fin du XIXème siècle : « les ouvriers sont parlés, ils ne parlent pas » ; les missionnaires avaient capturé la parole africaine et le besoin de sacré)5.

Ce qui compte, en définitive, ce sont les personnes. Elle « font » réseau, le réseau. Il s’agit de réseaux humains et non de réseaux de routes ou de voies ferrées, aériennes ou même communicationnelles. Ces humains sont eux-mêmes pris dans un entre-lac de responsabilités (faire vivre sa famille,…), d’attachements divers, de limites (physiques,…) et tout devient négociation. Mais ce qui est déterminant , ce serait presque au sens de Spinoza, la volonté de vivre, le désir de faire la fête.

« Le désir qui naît de la Joie est, toutes choses égales d’ailleurs, plus fort qu’un désir qui naît de la tristesse (IV,proposition 18) ». Et l’on retrouve ici un des thèmes importants de l’auteur qu’il a décrits dans « la fête scientifique ». Ce thème est récurrent dans le livre. Il ose (33) le terme de « fête révolutionnaire ». Il continue : « l’autre, de quelque continent qu’il soit, continue de me manquer ».

On ne fait pas réseau, ni fête tout seul.

Profil d’un autre militant réticulaire.

J’ai accompagné PRELUDE pour la première fois, à Dakar (1987), à l’occasion d’un colloque dont j’ai oublié la thématique principale mais qui m’a fait naître à l’Afrique6. La rencontre de J. Ki-Zerbo fut fondatrice. Il définissait le développement comme « le passage de soi à soi-même, à un niveau supérieur, par rejet ou emprunt d’éléments extérieurs ». Venus de Belgique, on croisait Marcia Alvarez, Collette Braeckman, Jean Frenay, Mike Singleton, Marcel Étienne, Jean-Marie Chapelle et bien d’autres.

Il y eut d’autres rencontres, à Ouidah(Bénin7), à Ouagadougou (Burkina-Faso)8, à Butare ( Rwanda)9, à Abidjan (Côte d’Ivoire). Un sous-réseau « santé, productions animales et environnement » se donnait, à la suite de J. Lehmann et M. Baerts, l’objectif de rassembler sur un site la grande majorité des recettes traditionnelles de Médecine vétérinaire d’Afrique centrale et dans une moindre mesure, humaine10. Travail colossal mené avec une rigueur exemplaire.

Petit à petit, les compagnons de la première heure, en Afrique. Je ne citerai que les tout premiers : Augustin Cihyoka Mowali (Bukavu)11, Fatou Sarr (Sénégal), Roger Nzama (Butembo), Konate Tiemoko (B-F), Hamidou Tamboura (B-F), Abou Sidi Ba (Mauritanie), J.-M. Gbama (Kinshasa, RDC) et bien d’autres de Butembo et Bukavu (RDC),…

Dans la même lancée, le Dr Kasonia Kakule de l’université de Butembo (RDC) entreprenait une thèse à l’Université de Liège. « Une reconnaissance des savoirs paysans, plantes médicinales et médecine vétérinaire traditionnelle d’Afrique centrale. Mise à l’épreuve de la pharmacopée vétérinaire traditionnelle 12. L’hypothèse initiale, hypothèse « zéro » si l’on peut dire, était que les guérisseurs employaient n’importe quelle plante pour guérir n’importe quelle maladie. Hypothèse largement rejetée !

3.La créativité des réseaux

C’est celle des chercheurs qui trouvent dans le réseau la possibilité d’ une confiance en soi et la garantie d’une meilleure défense et par la coopération, une meilleure efficacité.

Le travail en réseau est-il une perte ou une dispersion ?Au contraire et les exemples des mutualités, des syndicats ,…le montrent à suffisance. Revers de la médaille, le réseau qui a réussi s’est transformé en institution.

La créativité n’est pas exempte d’ambiguïtés. Le chercheur (universitaire) lui-même. Est-il responsable du résultat de ses recherches ? En amont car les pouvoirs de fait de l’idéologie dominante (politique, économique, militaire, industriel) lui dictent ce que souvent sa conscience réprouve mais il est tenu par une série de nœuds bien difficiles de trancher. Compromission ? Abdication ? Négociation ? Départs ? Un réseau humain ( car un réseau est composé d’abord et avant tout par des homme) est un lieu de débat permanent où chacun/chacune se forme dans une relation mutuelle, parfois à la culture du « non », à la contestation.

Par rapport aussi à l’injonction propre à la technocratie : « c’est possible, donc il faut le faire ». Ici s’invite l’éthique.

La règle du jeu technocratique est souvent, ainsi résumée par Serge Moscovici : « ne t’occupe pas du sens, cordonnier, ne lève pas ton nez plus haut que la chaussure, ne supra crepidam sutor ».

Mais cette dernière s’impose quand l’outil (les technologies) prennent le dessus sur l’homme devenu inutile, méconnu dans ses capacités, ses savoir-faire ; quand demain,des logiciels intelligents implantés dans le cerveau prescriront les décisions à prendre, quand l’homme est , sera remplacé. «Ce n’est que lorsque l’homme n’est pas une machine que l’éthique prend son sens » (Peter Kemp, cité par l’auteur).

Dans cette société démocratique et créative, les clivages seront dépassés : entre économie informelle et formelle, entre exogène et endogène, entre économie et écologie, entre technique et social, entre Nord et Sud, voisin et étranger, entre les catégories philosophiques majeures:le Vrai , le Bien, le Beau. C’est la condition d’une qualité globale qui ne peut s’apprécier qu’à l’aide d’une référence unique.

La créativité aujourd’hui.

Il me semble que ce qui a changé , c’est le sentiment de l’urgence.Un rouleau compresseur se met en place, une sorte de fatalisme de la fuite en avant technologique, de résignation au règne de l’argent devenu seule mesure de la réussite.

Mais pouvons-nous devenir plus riches sans que d’autres deviennent plus pauvres? Peut-on consommer toujours plus sans que d’autres ne soient relégués dans des conditions de vie infra-humaines ? Devenir plus puissants, plus enfermés dans des paradis fiscaux, protégés par des murs, par des mers houleuses, sans que d’autres ne soient abandonnés sur la rue, ne meurent en mer ? Tout enfermement dans une religiosité confortable n’est-il pas abandon de l’autre ?

Il y a aussi cette conviction malgré les « marchands de doutes » et la culture du mensonge) d’une responsabilité de l’homme dans les grands périls qui ont pris une dimension planétaire : le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources naturelles, la perte de diversité, la déforestation, l’épuisement des réserves halieutiques,…

Ce rejet ou encore cette quête d’autres rapports est aujourd’hui matérialisée par les milliers d’initiatives qui naissent comme mauvaises (?) herbes au printemps mais qui témoignent que l’esprit d’entreprise communautaire (un autre nom des réseaux?) n’a jamais été aussi florissant.

Je voudrais seulement dire que , face à ces montées des inégalités, se met en place une nouvelle culture, celle de l’échange plutôt que celle du don13.L’échange n’est pas monétarisé, on échange des services auxquels à chacun est reconnu une valeur spécifique, pratique ou non14.On peut échanger une recette de cuisine contre un poème, un savoir en mathématiques contre une invitation à la danse, une expérience de vieux jardinier contre un jeune savoir agronomique.On organise des stages sur la « construction en paille »15,projet d’eco-auto-construction, à Fexhe-le-haut-Clocher.

Le « kagala » se pratique sur les plateaux du Kivu, dans l’esprit du « dialogue de la houe et de la vache », de l’échange de biens, de recettes entre pasteurs et éleveurs: « paniers pleins à l’aller, paniers pleins  au retour ».Au Burundi, on s’échangeait le feu comme manifestation de bon voisinage. Car « NTIBAHANA UWAKA »,deux ennemis ne s’échangent pas le feu.

4. L’expertise impériale.

C’est le chapitre auquel l’auteur réserve ses plus belles flèches. «  Nous vivons dans un monde où le fait accompli technocratique est devenu la règle de par les technologies « push » (où les maîtres du monde inondent et imposent les produits qui leur conviennent) et où la globalisation de la technologie et de l’économie renforce la division entre ceux qui « savent »-les clercs-et ceux qui ne savent pas-les profanes »(55).Les réseaux associatifs offrent une capacité de résistance et deviennent d’autant plus justifiés que tout le monde est, à sa façon, analphabète (55).Pas seulement en termes d’impuissance à lire une facture d’électricité ou de téléphone.

Pour nous aider, l’expert ? Il est entre le consommateur, l’usager et le producteur. De qui est-il le représentant? Quelle vérité veut-il servir ? De quelle vérité est-il le serviteur, l’avocat ?Est-il libre ?

Il parle au nom de la science. Mais celle-ci n’est-elle pas un savoir et un pouvoir ?

« La science n’est-elle pas une construction sociale fondée sur les présuppositions, y compris non- scientifiques et non-techniques, donc portées par des intérêts qui ne sont pas qu’épistémiques ? » (60).

L’expertise peut aussi s’ossifier dans l’institution et prend alors le visage d’un cléricalisme, d’une religion dont la parole n’est jamais mise en doute car elle représente une divinité, incarnation du vrai.

Trois regards sur l’expertise.

Le marché du médicament16 (voir aussi un article précédent, « L’expertise au coeur de nos sociétés »)

Des scandales : le stalinon en 1953, la thalidomide (1960), le distilbène (1970), le mediator (2009) . D’autres encore, plus récents. Du point de vue qui est le nôtre, deux conceptions du médicament: marchandise ou bien collectif ? Valeur marchande ou valeur thérapeutique ? Pour le déterminer, de multiples évaluations en amont, en aval.

Les experts ouvrent ou ferment les portes d’accès au marché en fonction des bénéfices et des risques pour la santé.

A un premier niveau , il s’agit d’évaluer un médicament selon 3 critères : qualité, efficacité, sécurité. Pour les experts, c’est un droit de vie et de mort sur le médicament. La décision de la « food and drug administration » (FDA) aux États-Unis est redoutée, crainte par les firmes pharmaceutiques européennes qui veulent conquérir un marché et ont accumulé des montagnes de dossiers .

A un deuxième niveau, les experts en évaluent la valeur thérapeutique. Par exemple au Royaume Uni, cette valeur est estimée en termes d’allongement de la vie en bonne santé. C’est la base qui permet d’établir le juste prix des médicaments remboursés. En France, il s’agit du « service médical rendu », de la « plus-value » thérapeutique par comparaison d’ autres médicaments de la même classe.

A un troisième niveau, les experts contribuent à structurer un marché. Par exemple, en autorisant une nouvelle indication pour un médicament, s’ouvre pour l’industrie, une nouvelle « niche ».

Au contraire, en Allemagne, des « jumbo classes » regroupent tous les médicaments censés être équivalents sur le plan thérapeutique. Il sont alors l’objet d’un remboursement unique quel que soit leur prix d’achat.

Les experts peuvent aussi influencer les stratégies des prescripteurs : ils prescrivent aux médecins qui à leur tour prescrivent à leurs patients.

En conclusion,on perçoit bien, à la suite de ces quelques exemples, la place stratégique qui permet aux experts de faire jouer une balance entre les intérêts des firmes et ceux des patients, entre efficacité thérapeutique et utilité sociale.

Dans un article précédent17, « nus, embobinés », 

Elle concerne l’érosion du pouvoir et du savoir citoyens dans des sociétés qui se sont construites sur un modèle englobant, oubliant la solidarité entre les individus, les peuples, les générations.

Cette lettre traite d’Internet qui est un fait de civilisation. Il a le pouvoir de rapprocher les gens, de les informer, de distribuer les savoirs. Un potentiel inouï des ordinateurs, potentiel qui se multiplie par deux tous les deux ans à peu près, sans beaucoup changer les prix.

Mais Internet peut aussi penser à notre place. La puissance informationnelle nous a pris en revers : nous sommes observés : nous demandions des informations, nous voici à notre insu, donneurs d’informations…à vendre.Et ces infos nous reviennent car elles dessinent, définissent un type de consomateur qui sera ciblé par plus d’infos encore, emprisonnantes.

Dans notre article « Le marché des connaissances », nous évoquons une manière de gérer les relations au sein de l’Etat, des administrations, de l’Université. C’est la « nouvelle gestion publique »(new public management) copiée sur les grandes entreprises américaines au sortir de la dernière guerre. On en constate les dégâts au sein des personnes ramenées à leur seule ressource humaine, capital à développer, au service de l’entreprise, de l’administration,..

« Nus », 18.

Nus face à la complexité d’un monde qui se gère par une surveillance tous azimuts (mais qui nous surveille?), par des technologies voire des objets qui réfléchiront à notre place, trouveront des solutions à toutes nos questions, identifieront les futurs terroristes, nous conseilleront dans nos lectures, remplaceront les infirmières par des robots,….

« Embobinés » dès l’école, dite « avec écran » ou « école numérique ». Un livre19 en analyse les possibles dérives. Il s’agit là, d’une prise de pouvoir par les multinationales s’imposant dans l’école. Aidées par une peur de ne pas être »up to date », en accord avec son temps, d’être « en retard ». Cependant : « les prophéties les plus enthousiastes sur l’efficacité, l’attention des élèves, la révolution pédagogique ont été finalement presque toujours démenties ». Les aspects écologiques, sanitaires, financiers, sociaux,.. méritent aussi un examen. La paresse, la solitude, voire les non-savoirs, les autres savoirs (comme nous disons souvent ) ont aussi leurs vertus.

Nus, bien embobinés, face à un pouvoir qui petit à petit tente de s’imposer aux États, de régir les esprits, de fabriquer les citoyens de demain en s’attaquant à l’école des enfants.

Expertises toxiques

Une vidéo récente (1917) d’Arte : “vertueuses, les multinationales?” ou encore “le business de l’aide au développement” (Valentin Thurn et Caroline Nokel) montre que la responsabilité est passée de la sphère publique à celle des entreprises et du marché, par les contrats dits “partenariat public privé” (PPP).

Le film en étudie les résultats dans 3 pays d’Afrique centrale, la Zambie, le Kenya, la Tanzanie.Il montre comment l’aide publique au développement (APD) est détournée par les entreprises pour des productions qui ne répondent pas aux besoins des paysans locaux: les pommes de terre, par exemple, sont d’une variété qui n’intéresse que les marchands de chips (seul compte le rendement); les ouvriers sont dépossédés des terres coutumières qu’ils cultivaient et payés à 2 € l’heure; des clôtures sont érigées;les importations de machines gigantesques que personne ne peut acheter mais qui impressionnent ; les intrants entrent en franchise de douane ; les bénéfices sont exportés sans taxe durant les 5 premières années d’exploitation ; les bénéfices sont privatisés, les risques socialisés ; et surtout, ce qui rejoint notre thématique, on envoie des « experts » dont le langage abscons et obscur ne rencontre en rien les besoins des paysans.

5. L’université dépossédée.

Georges Thill est parfois un auteur difficile,quand il cite par exemple, Jean Duvignaud ou encore Michel de Certeau20.

Le rôle de l’université, sa raison d’être .N’est-elle pas inutile puisque la recherche aujourd’hui peut se faire sans elle? Puisque l’enseignement par les experts de tout acabit , les MOOCs21, ) est chaque jour, à repenser dans un monde qui change !

Mais revenons aux fondamentaux, les fonctions classiques de l’université: l’enseignement, la recherche,et plus récemment, le service à la communauté. Une quatrième fut soulignée lors de la Conférence mondiale sur l’enseignement supérieur ( Paris, UNESCO, 1998), c’est celle qu’impose un contexte mondial avec ses impératifs économiques et technologiques : exigence de coopération inter-universitaire.

Reprenons chacune de ces fonctions.

  • L’enseignement.
    Il n’était pas, aux origines, séparé de la recherche. Enseignants et étudiants étaient solidaires dans la même tâche, la recherche de la vérité.L’enseignant se faisait « question » autant que « donneur de réponses ».
    Suite à la massification, à l’accès de plus en plus généralisé, ce rapport a changé. L’étudiant vient acquérir un diplôme, une reconnaissance sociale qu’il pourra valoriser au cours de sa vie professionnelle.L’éducation universitaire est un investissement des personnes, des états, des entreprises. Il n’est alors pas étonnant que l’université ne cherche à « vendre » ce service dans la mesure où il est déterminant dans le succès d’une carrière, d’un pays. Le diplôme d’une prestigieuse université américaine est un plus qui se vend très cher.
    Une autre conséquence est l’atténuation des différences entre écoles supérieures et université. «En fournisseuse de compétence, l’université se mue en super-école professionnelle »(69). Elle devient ainsi un partenaire du monde économique et d’autres mondes ou organismes : sociaux, politiques, citoyens. Elle est une co-entreprise avec ses règles.Elle sort de sa tour d’ivoire.
  • La recherche.
    Spécificité bien humaine que celle qui essaye de répondre à des questions de tous ordres : pratiques, philosophiques ; questions quotidiennes, questions théoriques.
    Une réponse est en même temps une question. Toute innovation est une déstabilisation d’un ordre établi, d’un équilibre entrevu. Elle se juge, s’apprécie à partir de multiples critères. La construction d’une maison passive, par exemple : quels gains en matière d’économie d’énergies (CO2), d’économie monétaire, de recherche de nouveaux matériaux ou procédés ?
    Partenaire du monde économique, l’université en partage les activités de recherche. On la voit même parfois
    « dépossédée », devenue presque inutile ou même impuissante, face aux investissements colossaux que demandent certaines recherches opérées par des multinationales.Que devient son rôle ? La recherche fondamentale, mère de nouvelles applications ?

    C’est aussi, une recherche sur la recherche telle qu’elle s’envole, impulsée par la techno-science. Cette dernière, outre son rôle économique,… a aussi des implications sociétales qui interrogent notre vivre ensemble, nos responsabilités en matière de consommation, d’usage des biens terrestres, d’égalités ou d’inégalités, de codéveloppement .

    Faut-il « faire » tout ce qu’il est possible, simplement rationnel, de « faire » ? Tout ce qui apparaît comme conforme à la raison linéaire aux yeux d’une science qui porte un bandeau sur les yeux ? Mais elle ne voit pas les enjeux de telle découverte en matière sociétale, de telle application pour les pays du Sud, de telle application en matière de réchauffement climatique ? La science universitaire apparaît alors comme le chien de garde de la société, voire de l’équilibre global, attentive aux enjeux de tous ordres.L’université est censée nous apprendre à penser « pluriel ». Elle a une fonction critique essentielle dont la condition est la liberté, l’indépendance de jugement.

    Elle doit être attentive aux autres chemins de la connaissance qui ne relèvent pas d’une pure rationalité occidentale. On ne peut plus séparer le muthos du logos (78). Le mythe renvoie à une autre vérité, celle de la poésie22, celle des dieux, de l’inexprimable, du non-dit, du beau, peut-être de la culture ou de l’éthique.

  • Le service à la communauté.
    Une université, celle de Namur, s’est penchée récemment sur ce troisième service et a composé une charte.En voici quelques items.
    « L’université est d’abord vue comme un acteur de sens et de liberté.
    La connaissance est un « bien commun » au service de tous pour aborder les grands enjeux de notre temps….

    L’université promeut la justice, contribue au développement d’un monde commun, est un acteur soucieux des ressources du monde,… ».

    Une autre université, Paris-Sud, décline ses valeurs: « comprendre le monde, construire l’avenir ». On note le même objectif de sensibiliser les étudiants aux enjeux de la société, à la responsabilité environnementale.Je note avec plaisir, s’agissant du développement durable, l’intérêt pour les jardins partagés, le co-voiturage.
    Voilà qui nous ramène à la question des
    réseaux sans doute sous-estimés par la recherche officielle23. Car les réseaux sont l’exemple d’une recherche citoyenne. Récemment dans un de ces jardins partagés qui ouvrait ses portes à Alleur, on a pu voir s’invitant à la fête : un stand « faites-vous mêmes votre eau de javel » ; quelques recettes de potage ; une initiation à la lacto-fermentation des légumes ; une information sur les SELs(services d’échanges locaux) ; un Bob Dylan local.

  • La coopération inter-universitaire.
    Elle a selon G. Thill , surtout les habits d’une compétition entre les universités, non seulement pour l’accès aux ressources nécessaires, mais aussi pour accéder à un classement honorable dans les classements mondiaux dont le classement Shanghai est l’archétype24.
    Pour Pall Skulason25, les universités ont la responsabilité des connaissances. Ce qui entraîne un besoin d’éthique.Partout dans le monde , se construisent des universités avec les mêmes méthodes de travail, la même inter-compréhension possible, une mondialisation de la connaissance en somme.
    « L’université n’est pas seulement là pour servir à quelque chose. Elle est là pour servir…Elle rappelle les hommes à l’ordre de l’humanité » (Gusdorf, 1964).On peut parler d’une culture mondiale des universités, qui nous rappelle à l’ordre de l’humanité,… On peut évoquer une culture universelle qui discute, analyse et s’enrichit de l’expérience de tous les hommes et de toutes les femmes. .. Le but est d’essayer de comprendre le monde pour pouvoir s’y insérer de façon responsable et constructive.
    Université grande ou petite, bien ou moins bien classée ? L’important n’est pas là et toujours selon
    Pall Skulason,l’université se doit d’avoir un projet clair, de réfléchir sur elle-même. « Exister, c’est décider de sa propre réalité » disait Jean-Paul Sartre.
    Dans ce concert mondial des universités où chacune doit jouer sa participation, quelle place pour les universités du Sud ? Sans doute pour elles aussi, « la comparaison est la source de tous les maux ». Georges Thill plaide pour une
    pensée métisse, capable de partager sa différence, dans un monde au risque d’une uniformisation dangereuse et qui de plus, est en perte de repères. La coopération inter universitaire doit ainsi se repenser26 .

Pour terminer ce chapitre, je voudrais faire état d’une expérience de travail en interdisciplinarité qui se réclamait à son origine, explicitement, de PRELUDE. Elle s’intitulait : « méthodologie de l’interdisciplinaire ».Il serait vain d’attribuer à chacun des 13 membres une partition spécifique27. Un livre a été édité par la CUD (« coopération universitaire au développement »)28.

Relevons seulement l’ application du cadre méthodologique interdisciplinaire : la gestion de l’eau en milieu oasien au Maroc.

De la conclusion , relevons : « la construction commune de problématiques (apprendre à voir ensemble) et la construction de programmes et d’indicateurs (apprendre à juger et à évaluer ensemble)en matière de gestion des ressources naturelles sont les deux champs principaux d’application de cet outil ».

6. La science d’après-demain.

Je ne suis plus en mesure d’aborder ce sujet, sinon à partir d’une expertise citoyenne, quotidienne.

L’auteur commence par la mise en questions du progrès.mesuré par le degré de capitalisation aussi bien monétaire que scientifique en termes de savoirs faire protégés par la propriété intellectuelle ?

Le progrès : une marche en avant. Vers quel horizon de sens ? Par exemple, pour plus de droits humains, pour l’ égalité hommes-femmes, pour lutter contre la faim dans le monde ?

Il faut avec l’auteur reconnaître que la mondialisation est à la fois le résultat et le moteur d’une logique de l’exclusion : la compétition, l’élimination, la domination. On évalue les richesses en termes de capital humain : il y a les ouvriers du Kenya chassés de leurs terres et payés comme salariés non qualifiés à 2 € la journée29 et les grands managers rétribués à…Toujours la règle à calcul.

Les réseaux sont à ce titre, les seuls contrepoids, par l’union des faibles, par la constitution de groupes de résistance, par la recherche de savoirs alternatifs ( médecine , méthodes traditionnelles de résolution des conflits, savoirs agro-écologiques,..). Ce savoir n’est pas enfermé dans des banques de gènes ou protégé par des clauses de propriété intellectuelle. Mais à qui appartiennent les savoirs ?

Je suis souvent frappé en regardant les interviews des puissants de ce monde par des visages aussi lisses que marmoréens. Leur seule unité de mesure est : « how much ? ». En agriculture, quel rendement ? Et pour reprendre l’exemple des pommes de terre, les paysans de Zambie ne se nourrissent pas de chips.

A l’inverse, les réseaux font la fête et le livre de G. Thill « la fête scientifique »30 est résultat d’une expérience en physique nucléaire. Nous le citons(97) : « la fête doit être comprise comme un élément qui brise la routine, un lieu d’ouverture. Les réseaux facilitent la fête car ils créent le désir de travailler avec d’autres. Sans fête, c’est-à-dire sans travail sur les limites, il n’ y aura pas de mise en cause des postulats, pas de surgissements, que ce soit en politique, en science, en art ou en religion ».

Toute fête amène à des transgressions alimentaires, amoureuses, pacifiques,…Elle brise des murs.

Il me semble que le sens anthropologique de la fête (si ce n’est déjà fait) doit être approfondi.

7. Retrouver la communication

Ici encore, je ne suis pas à l’aise avec ces sujets. Les modes de communication, leurs techniques, leurs puissances ont subi des développements explosifs.

Apple domine depuis 5 ans le classement mondial des capitalisations boursières, comme en atteste l’édition 2016 du palmarès de PricewaterhouseCoopers . Mais avec une valorisation évaluée à « seulement » 604 milliards de dollars au 31 mars 2016, soit 121 milliards de moins qu’en 2015, la firme à la pomme perd son avance par rapport à Alphabet (ex-Google), qui la talonne désormais avec ses 518 milliards de dollars de capitalisation boursière. Le secteur technologique a le vent en poupe, puisque c’est Microsoft qui vient compléter le top 3 des entreprises les plus valorisées en Bourse en 2016.
Dans ce bal des géants de l’informatique, quelles sont la part, l’action des réseaux citoyens ?Subvertir,découvrir des brèches, utiliser les arts de la parole, de la danse,…Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ne sont pas sans potentiel (NTIC).

Un réseau de journalistes constitué après les présidentielles françaises , « la Brèche »31 écrit :

« Nous avons constaté que la scène principale de la confrontation politique est celle de la communication. Le discours politique se construit aujourd’hui plus que jamais à travers des dispositifs et des produits audiovisuels.
Et parce que nous sommes ceux qui payons le prix des réponses, nous avons décidé de devenir aussi les maîtres des questions ».

J.-B Soufron32 pose les termes d’un débat. Il a analysé l’accélération du capitalisme numérique, l’injustice numérique comme un état de nature. La question de la propriété du numérique n’est pas centrale. Il faut mettre au cœur de la question numérique les valeurs de justice, d’égalité et de liberté. Il y de nombreux modèles alternatifs à succès tels que le logiciel libre, Wikipedia ou les creative commons. Dans la même revue33, Yves Michaud évoque l’ « université de tous les savoirs,UTLS) à l’heure de Wikipedia, de Youtube et des MOOCs ».

8. Au revoir, PRELUDE ?

Avez-vous remarqué? On en cite pas souvent, dans le texte,les éveilleurs, les rassembleurs, les remueurs d’idées,..ceux ou celles qui vous font changer de direction,de paradigme, de regard sur le monde ?Ils sont comme un souffle frais, un vent d’espoir, une colère productive, une non-résignation ..à un certain ordre du monde.
Disparaissent-ils?Ils réapparaissent sous un autre nom, prennent de nouvelles formes ( liées à la révolution numérique), mieux adaptées aux évolutions d’une société.
Disparaissent-ils?Ils laissent des traces, le monde n’est plus tout-à-fait le même mais on ne le sait pas.

J’ai voulu en relisant le « dialogue des savoirs »de G. Thill, chapitre après chapitre, revenir sur l’influence des réseaux (singulièrement du réseau PRELUDE) dans nos vies de chercheurs, universitaires ou non.

Parlerai-je de moi, esprit singulièrement vagabond mais séduit par l’originalité de la démarche PRELUDE ?
Restant confiné dans ma discipline, 3 mots caractérisaient un sous-réseau et témoignaient déjà d’un dépassement : santé (avec la thématique de la médecine traditionnelle), productions animales et environnement.
Puis ce fut l’Institut de la Vie (dont G. Thill était le président) avec des sous-réseaux (de fait, non formels) qui s’appelaient Kagala (échanges entre agriculteurs et éleveurs) à Bukavu, RDC ; agriculture urbaine (Butembo, RDC) ; traditions de paix (Bukavu, RDC)et noyaux mobilisateurs pour la paix et le développement (NMPD).Enfin, trop brièvement, une participation à l’association DIOBASS (H. Dupriez) , pionnière en agro-écologie africaine.


Ont-ils
« fait » des choses ? Je ne sais pas. Je retiens seulement cette phrase d’une participante à l’un des colloques : « je ne savais pas que nous étions si riches ! ».
Prendre un peu de recul, verser dans l’abominable « on aurait dû ! » ? On aurait dû avoir une plus grande colère34. Il y a 20 ans, le diagnostic de G. Thill était fait, le livre le montre. Mais on restait souvent passif, on s’adaptait. On aurait pu développer « en interne » des cercles de réflexion Nord-Sud, qui auraient permis d’éviter l’éparpillement, de monter des projets communs.

Pour finir et donner un exemple d’ « imprégnation » inconsciente, les lettres qu’avec une amie nous déposons sur un site35 et dont un thème récurrent est : « les autres savoirs » (ceux des malades, des pauvres,des femmes, des vieux, des autres cultures,…).

Michel Ansay – 13 05 2017.

 

NOTES

1 Le réseau PRELUDE international, réseau d’universitaires, né en 1985. En 1999, il regroupait quelque 1700 chercheurs. Il se voulait un lieu où se brassent, s’hybrident les savoirs, les savoirs-faire, les faire-savoir, ..un chantier aussi de maîtrise des savoirs.

2 Il « joue avec les événements pour en faire des occasions ». L’auteur cite Michel de Certeau(36).

3 Un travail d’insecte. Mais qui niera leur efficacité ? qui n’a pas vu une colonie de fourmis à l’œuvre dans son jardin ?

4 « Qu’elle soit sociale, politique ou intime, la colère suspend le cours de l’expérience ordinaire et oblige à poser des questions inconvenantes sur l’ordre du monde. Pris en ce sens, ce sentiment force au droit : il inscrit le problème du juste et de l’injuste sous le signe de l’urgence ». (J. Charlier et M. Foessel, ESPRIT, mars-avril 2016,pp.31-33.

5 « Ah, si les lions pouvaient parler !, nous ne les comprendrions pas !  » (Wittgenstein).

6 Un souvenir toutefois. Une femme Peule qui déclarait, imperturbable : « je peux guérir toutes les maladies de mes vaches, sauf deux ! » ;

7 A ce moment se tenaient les élections générales dont nous avons été les témoins attentifs et émerveilles : que de sérieux notamment pour le décompte des résultats, sous l’arbre, à la lumière artificielle.

8 Jean Lehmann , brandissant un carton de bière : « sur une disquette de cette taille , on peut inscrire…recettes de médecine traditionnelle ».

9 Avec le Curphametra, on mesurait les capacités d’une rencontre entre médecine traditionnelle et laboratoire moderne.

10 Banque de données PRELUDE, Musée Royal d’Afrique centrale, Tervueren, Belgique. J. Lehmann et M. Baerts.

11 Que de regards et de projets partagés : le dialogue de la houe et de la vache, paniers pleins à l’aller, paniers pleins au retour,partage de recettes, de traditions de paix,..

12 On peut signaler aussi dans la même veine : NIMENYA Herman (Burundi) Ecotoxicologie des médicaments vétérinaires: cas particulier de la pollution azote (promoteurs: M. Ansay & B. Nicks)

13 Sous le titre : « l’essor des pratiques collaboratives, Partager plutôt que posséder », Benoît Heillbrun (ETUDES, mars 2016,pp.41-49) constate que la digitalisation fulgurante de l’économie et de la société ouvre la voie à des réseaux et des modes alternatifs d’acquisition et de consommation qui se développent à côté de la propriété. Pourquoi le bricoleur du dimanche achèterait-il une perceuse sachant que le temps d’utilisation d’un tel objet n’excède pas 8 minutes sur l’ensemble de sa durée de vie ?Autres titres de son article : l’accès plutôt que la possession ; les modalités du partage; confiance et sens du commun.Le stranger ( l’étranger) doit devenir un franger ( à la fois étranger et ami).

14 Parmi les plus connus , le SEL, système d’échange local, comme « un pont entre un monde désorienté et le retour à l’essentiel » (SELansois) (commune de Ans).Voir encore: www.le sel.be

16 Dictionnaire critique de l’expertise, Santé, travail, environnement.

Sous ladirectionde Emmanuel Henry, Claude Gilbert, Jean-Noël Jouzel, PascalMarichalar, Presses de Sciences Po,P.F.N.S.P.) , 2015,376p. <http://www.cairn.info/dictionnaire-critique-de-l-expertise–9782724617603.htm>

17 D’après le livre « l’homme nu , la dictature invisible du numérique »Marc Dugain et Christophe Labbé, Plon, Robert Laffont, 2016, 197p.

18 « L’homme nu, la dictature invisible du numérique », Marc Dugain et Christophe Labbé,Plon, 2016,197p. Lettre 58.1.

19 « Le désastre de l’école numérique, Plaidoyer pour une école sans écrans »,Philippe Bihouix, Karine Mauvilly, Seuil, 2016,230p.Lettre 58.2.

20 Son auteur de référence, me dit Madame F.W.

21 Formation en ligne ouverte à tous (FLOT), aussi appelée cours en ligne ouvert et massif (CLOM), ou MOOC (massive open online course en anglais). (Wikipedia).

22 « La poésie américaine résiste » écrit Anne Dujin. C’est une poésie du réel.Les Américains lisent de la poésie aux mariages , aux enterrements. Et donc aussi quand leur pays prend un chemin qui les effraie. (ESPRIT, mai 2017, pp.103-107).

23 En France , l’Université de Nanterre, avec quelques autres partenaires se présente comme « l’université ouverte de la société de l’information et des réseaux ».

24 Les critères retenus : le nombre de prix Nobel et médailles Fields, le nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline, le nombre de publications dans les revues scientifiques Nature et Science,..

25 Páll Skúlason, « L’Université et l’éthique de la connaissance », Philosophia Scientiæ [En ligne], 13-1 | 2009, mis en ligne le 01 avril 2012, consulté le 11 mai 2017. URL : http://philosophiascientiae.revues.org/81 ; DOI : 10.4000/philosophiascientiae.81.

26 Deux exemples de ma propre expérience. Deux thésards africains : aucun n’a trouvé ou plutôt voulu trouver une place dans le monde académique africain. Mais ces pays n’étaient guère ouverts au pluralisme politique.

27 Par ordre alphabétique des auteurs. Toxicologue vétérinaire, médecin vétérinaire tropical, ingénieur agronome en environnement, ingénieur des bio-systèmes,agronome de l’université de Meknès,géologue et hydrologue, biochimiste vétérinaire,agronome écologue, sociologue économiste, géographe, géographe, agronome diplômé en gestion et administration, sociologue du développement. Une dizaine d’autres collègues se sont associés (au moins temporairement) dont plusieurs chercheurs marocains.La liaison inter-universitaire était assurée par le CECODEL.

28 Méthodologie de l’interdisciplinaire, UCL presses universitaires de Louvain, 2002, 76 p.

29 La CTB (septembre 2014) consacre un dossier à cette question : « un salaire décent pour les ouvriers agricoles ? ». Quel « living wage » (salaire minimum vital) pour les travailleurs, saisonniers en particulie ?

30 Paris, Aubier Montaigne-le Cerf,1973,295 p. « En définitive, faire la fête dans la modalité scientifique conjugue une parole-trouble-fête à un acte révolutionnaire. Ceux-ci resurgissent sans cesse à l’intérieur même du parcours rationnel, générateur de l’universalité de la science. Ce faisant, ils autorisent et fondent l’aventure scientifique en s’y perdant » (p.181).

31 www.journaldunet.com/economie/magazine/1

32 J.-B. Soufron, La Silicon Valley et son entourage, ESPRIT, oct.2016, pp. 70-81.

33 ESPRIT, nov. 2013, pp. 96-107.

34 Mais il est encore temps.