Le propre de l’homme: le savoir, le faire, la parole

Livre difficile que celui de Ghislain Lafont1 : « que nous est-il permis d’espérer ? ».

Mais le blog ( ou plus exactement le mode de partage que permet le blog) a ceci d’intéressant, on peut sans fausse honte, avouer ses limites, risquer l’erreur de lecture, engager l’une ou l’autre hypothèse risquée, bref avouer son « je ne sais pas »2. Un « je ne sais pas » , un non-savoir qui est au cœur de nos réflexions.

Trois parties importantes dans ce livre.

  1. Écrit à partir de Jérusalem

Le christianisme ? Au départ, pour les communautés religieuses du temps de Paul, mener une vie humaine droite, libérée de toute ritualité extérieure sinon le baptême et le repas pris en commun dans le souvenir de la mort et de la résurrection du Christ.Il n’ y a plus de sacrifice sanglant, de lieu culturel privilégié.

Le christianisme a ceci d’original : il reçoit et il donne. Il s’affronte à un défi permanent : maintenir dans l’espérance de la venue finale du Christ sans céder à la tentation d’ériger une « religion nouvelle ».

2. Écrit à partir d’Athènes

Le christianisme ne s’est pas cantonné au monde juif : il a rencontré le monde grec, Athènes. Deux grandes figures seront évoquées. Platon, Aristote. A elles seules, elles composent plus de la moitié du livre.

3. Non pas écrit, calculé : parlé

L’auteur voit surgir une troisième forme de pensée qu’il appelle découverte de l’irrationnel: le langage, la parole compris comme adresse et communication ; ou encore le symbole comme lien entre les niveaux du réel, homme, nature. Les mots clés sont : échange, relation, réciprocité, dialogue,…

Dans sa conclusion, l’auteur a ces mots(319) : « je crois que nous sommes intoxiqués du savoir et des accrocs de la technique. Je crains que rien ne puisse se mettre en travers de l’hubris du savoir et de la passion de faire. Je redoute les conséquences de découvertes et de capacités que nous développons sans avoir le minimum raisonnable de certitude que nous pourrons maîtriser leur usage et leur gestion.

D’un autre côté, nous serons peut-être arrêtés par la nature elle-même (les changements climatiques, l’amenuisement des énergies fossiles,…).

Que nous est-il permis d’espérer? la paix, la justice, la sauvegarde de la création. Je dirais:moyennant une renaissance intelligente du théologico-politique, c’est-à-dire d’abord, par la communion entre les hommes, dans les diverses communautés qu’ils forment ».

M. Ansay
14 mai 2015.

Document téléchargeable

Le savoir, le faire, la parole

 

Notes

1 Une lecture libre du livre de Ghislain Lafont, Que nous est-il permis d’espérer ? La nuit surveillée, Seuil, Cerf, 2009, 327p.

2 Il y a de moins en moins d’ « institutions du croire » (M. De Certeau) notamment dans l’Église catholique dont se réclame l’auteur, moine et à ce titre, « expert en athéisme ».