Les mondes de l’écologie

Un dossier ESPRIT, jan-fév.2018, pp.32-219.

Rarement un dossier n’a autant mérité son intitulé. Car l’écologie est un buisson d’activités, de savoirs, de militants,de débats, de livres et autres écrits, de films, de reportages, de belles images, … de (petits) pouvoirs. Pourra-t-elle devenir un vrai pouvoir, porteur d’alternatives crédibles, de solidarité Nord-Sud, …?

ESPRIT, la revue d’Emmanuel Mounier nous donne un numéro spécial porteur de cet intitulé. Quelque 200 pages et 27 auteurs.

Le ton est grave. Il s’agit de la « maison commune » que nous ne construisons pas. Parce que chacun (presque chacun) a résolu, plutôt inconsciemment1, de s’engager avec D. Trump dans la « global trade war », la guerre totale du commerce, ainsi que la nomme la revue2 « South Centre » de Genève.

Dans la maison de l’écologie (de oikos, la maison, c’est bien d’une maison qu’il s’agit), quelle sera la place de chacun? Mais aussi fondamentalement, constatons que cette maison est menacée par les perturbations climatiques inexorables (le mal qui est fait ne se réparera pas, il n’y aura pas de retour « ad integrum »), par l’éreintement des richesses de la planète, …

Face à ces menaces, deux attitudes: le repli dans ses places fortes, technologiques, derrière des frontières de plus en plus étanches aux migrants, mais s’appuyant sur un commerce des choses (matières premières ou objets « manufacturés ») totalement libéralisé,…

Au contraire, « imaginer » d’autres rapports. Des rapports qui s’ouvriront à un nouveau partenaire, à de nouveaux partenaires qui rassemblent la nature: plantes, animaux,voire choses.

A base de ce nouvel imaginaire : une société démarchandisée, …, une nouvelle gouvernance (au-delà de la réparation des dégâts, du système des « normes »), un nouveau droit ( celui des animaux, des fleuves, des montagnes,…), une reconnaissance du droit des pauvres (l’environnementalisme du pauvre), …

L’encyclique « Laudato Si’, a constitué, que l’on soit « croyant » ou d’une autre croyance, une intense réflexion sur ce que pourrait (devrait) être une politique de l’écologie inégrale.

« Politique », le mot est prononcé. Mais elle restera faible tant qu’elle ne se sera pas imposée comme le contre-pouvoir au capitalisme, destructeur de notre planète.

Présence de l’Europe. « De quelle Europe le monde a-t-il besoin ? D’une Europe lucide sur les grands défis mondiaux du vingt et unième siècle : faire émerger une communauté mondiale de destin ». écrit Pierre Calame, Directeur de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’homme. (15 mars 2018).

D’ici-là, comme le dossier nous y invite, il y aura des livres, des films, …des marches, …des mouvements, voire un parti ?

Michel Ansay, le 16 mai 2018

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Ecologies

NOTES

1 Avec l’aide des GAFA, google, apple, facebook, amazon.