Une société de connaissances ? De savoirs en éclats?

Les savoirs n’ont pas quitté l’université mais désormais l’université a perdu le monopole de la vérité.

S’est installée l’ère du doute1,2 une sorte de perte de la foi !

Parce que les savoirs et leur mise en actes, voire leur confiscation par les technologies ont acquis une place prépondérante pour fabriquer nos sociétés et nos environnements, pour en distribuer les avantages et les inconvénients, pour créer des inégalités et des injustices. Une science en trône, souvent identifiée à l’esprit cartésien, à la révolution industrielle se voit contestée dans sa légitimité. Il y a d’autres savoirs !

Quelle serait la pertinence d’une classification des savoirs basée sur la techne et l’ episteme ?

Episteme, techne ? Des notions premières qui portent en gésine une pluralité de significations utiles dans le grand maquis des savoirs de toute origine.

Si l’on s’en tient à une première définition, l’episteme réfère à la méthode cartésienne d’arriver à la vérité. A l’opposé, la techne se révèle seulement par la pratique, sa théorie est implicite, elle est liée aux conditions locales, historiques, culturelles qui l’ont produite.La techne est à la fois pratique et connaissance3.

Diversité des savoirs, quelles en sont les sources, de qui est le savoir?

Comment sont distribués les bienfaits et les méfaits de technologies déchaînées et enchaînées ? Comment l’Université doit-elle se situer par rapport à ces savoirs autres ?quelle collaboration ?

Voilà une série de questions souvent entre-croisées qui seront autant de moments de nos discussions.

Elles sont introduites par la réflexion : « une société des savoirs  » téléchargeable ci-dessous.

Un prochain article de ce blog sera consacré à une définition plus serrée d’episteme et de techne. Deux exemples de synergie où l’université s’est impliquée seront donnés. Leur lieu est Bukavu (RDC).

DOCUMENT A TÉLÉCHARGER

Une Société des Savoirs

 

NOTES

1« Le doute. Puisse-t-il toujours alterner avec la foi comme la nuit et le jour ». La phrase qui clôt le beau livre de Tarun Tejpal « La vallée des masques », Albin Michel, 2012,p.476.

2Parfois même, on ne sait que faire d’une information , par exemple, en génétique humaine, s’agissant de la médecine prédictive. « Vivre en incroyant de la prédiction ».Telle est la proposition finale de P.-L.Weil-Dubuc dans son article : « Dépasser l’incertitude. Le pari hasardeux de la médecine prédictive »,Esprit, juillet 2014, 20-29.

3F. Appfel-Marglin, Introduction : Rationality and the World in Decolonizing knowledge, from Development to Dialogue, edit. by F. Appfel-Marglin and S.A.Marglin, Clarendon Press Oxford,1996, pp.2-39.