Vers une société post-croissance

Intégrer les défis écologiques, économiques et sociaux.

Ouvrage dirigé par I. Cassiers, K. Maréchal, D. Méda.
L’Aube, 2017, 211p.

Un travail collectif. Neuf chercheurs s’interrogent sur l’après-croissance. Quel nouveau visage aura la société? Comment se la représenter ?
Les auteur(e)s sont des économistes. On a dit que les économistes étaient les derniers à encore croire à une croissance en forme de crosse de hockey. Les auteurs ne sont pas de cette religion.
Il faudra bien continuer de vivre, d’échanger biens et services…mais dans un autre….(le mot « climat » vient sous la plume) rapport à l’autre et à la nature.
Ce nouveau rapport est en train de s’inventer tous les jours, le plus souvent à partir d’expériences humaines, micro-sociétales. C’est pourquoi la question de l’autonomie, de la libération par rapport aux usages, aux croyances,… est réitérée tout au long de ce livre (Cassiers, Maréchal).
Surtout, ne « croyons » pas que l’emploi est lié à la croissance. Il est possible de créer de l’emploi sans croissance. Des emplois climatiques, de qualité et de durabilité (Meda).
Il y a des richesses qui ne s’achètent pas, il y a une économie sociale et solidaire, circulaire, collaborative, dite de « fonctionnalité » (Perret). Les gens peuvent très bien s’auto-organiser, gérer des biens collectifs, se gouverner efficacement, en d’autres termes inventer des systèmes de gouvernance polycentriques (Bauwens et Mertens).
Un problème concret de mise en œuvre d’une circularité est posé à Bruxelles par la gestion des matières organiques. Confiance aux composteurs locaux (grande intensité de main d’œuvre) ou à une immense usine presque autonome dans son fonctionnement ? Une solution hybride ? (Kampelmann).
La nouvelle économie sera-t-elle écologique, rompant avec les habitudes de pensée de l’économie dite néo-classique? La situation est complexe et incertaine. La nouvelle gouvernance aura besoin de nouveaux indicateurs. Le dollar n’est pas l’étalon universel auquel référer tous nos actes. Il y aura d’autres critères: santé, bien-être, conservation de la nature,…(Thiry).
Enfin, il faut de plus en plus prendre conscience que nous sommes colonisés, emprisonnés mais cherchant à nous libérer d’une mentalité qui fait de nous, de petits ou de grands calculateurs. Apprendre collectivement, nouvel horizon de la pensée (De Schutter).

Ce livre est un utile complément à la lecture du livre de P. Servigne et R. Stevens : « comment tout peut s’effondrer ».
Les économistes que nous venons d’évoquer ont les « pieds sur terre » mais ils cherchent « au-delà » de nos habitudes de pensée, encagées, asservies.

Michel Ansay
19-08-2017
http://partagesavoirs.blogspot.be

 

Document téléchargeable

Vers une société post-croissance